• CHAMPIONNAT DU MONDE 1951

    LA LIBERTE AVANT TOUT...

    Ce fut l'un des championnats du monde les plus importants, les plus insolites et les plus serrés de l'histoire des échecs. Premier match de l'après-guerre (et premier depuis quatorze ans), il opposa deux champions que tout opposait, et fut marqué par un début étrange (les deux joueurs utilisant huit ouvertures complètement différentes sur les huit premières parties) un chassé-croisé permanent et une fin dramatique (le challenger perdant à l'avant-dernière partie un avantage rudement acquis).

     

    Les conditions de match avait été décidé à la Paris au congrès FIDE 1949. Le vainqueur serait le premier à marquer 12 points en 24 matches maximum.

    En cas de match nul, Botvinnik conservait son titre.

    Le contrôle du temps était de 40 coups en 2 heures et 1/2, puis 16 mouvements à l'heure par la suite, avec un ajournement pour le lendemain après cinq heures de jeu. Selon les règles de la FIDE, le gagnant recevrait 5000$ et le perdant 3000$. Si le champion du monde (Botvinnik) perdait, il avait le droit de jouer un tournoi à trois avec le nouveau champion et le vainqueur du prochain cycle de trois ans des candidats. Les parties ont été joués au Tchaïkovski Concert Hall de Moscou. Les secondants étaient Ragozin et Flohr pour Botvinnik, Konstantinopolsky pour Bronstein.

    Bronstein était un joueur énergique contrairement au «scientifique» Botvinnik.

    La vérité est que Bronstein était au sommet de son art en arrivant au championnat du monde. Le site Chessmetrics établit un classement Elo a posteriori : en mars 1951, Bronstein est #1 mondial, tandis que Botvinnik est #7. Bronstein est le jeune fougueux (27 ans) face au monument soviétique (39 ans).

     

    Bronstein définissait Botvinnik comme un «bon communiste". Le rôle de Botvinnik dans les échecs soviétiques, aujourd'hui encore, n'est pas bien compris car il était généralement détesté par les autres grands maîtres soviétiques.

     

    Deux parties avant la fin du match, Bronstein menait d'un point. Dans la vingt-troisième partie, avec les pièces noires, il manqua plusieurs chances d'annuler. La partie fut ajournée et deux coups après la reprise de la partie, Bronstein oublia son analyse. Il abandonna au 57e coup de la vingt-troisième partie, dans une position étranglée, pratiquement en Zugzwang. Les logiciels donnent la finale : les fous sont supérieurs aux cavaliers et vont protéger durablement les pions blancs. 

     

    Dans la vingt-quatrième et dernière partie, Bronstein évita les complications et Botvinnik égalisa au seizième coup avec les Noirs.

     

    Certains auteurs ont soupçonné que des menaces exercées sur Bronstein étaient à l'origine de sa défaite de la 23e partie, mais Bronstein n'a jamais confirmé cela, faisant simplement état de « pressions psychologiques » d'origines multiples :

     

    « On m'a bien souvent demandé si j'avais été forcé à perdre la 23e partie, et s'il y avait une conspiration contre moi pour m'empêcher de prendre le titre de Botvinnik. Un tas d'âneries ont été écrites à ce sujet. La seule chose que je sois prêt à dire sur cette controverse est que j'ai été soumis à une pression psychologique émanant de diverses sources, et que c'était entièrement à moi de résister ou non à cette pression.

    J'avais des raisons de ne pas devenir Champion du monde car à cette époque, un tel titre signifiait que vous entriez dans un monde officiel de bureaucratie echiquéenne, rempli d'obligations formelles. Une telle position n'était pas compatible avec mon caractère. Depuis mon enfance, j'apprécie la liberté(...). Je suis heureux d'avoir gardé aujourd'hui les mêmes sentiments et de pouvoir profiter de ma liberté. »

     

     


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