•  Vera Menchik (1906-1944)

    Le premier championnat du monde féminin eut lieu à Londres en 1927, bien qu'il n'en n'eut pas le titre.  Menchik l'emporta, puis elle remporta tous les tournois d'avant-guerre, ne laissant aucune chance à ses concurrentes : en sept tournois consécutifs et 83 parties, elle enregistra 78 victoires, 4 nulles et une seule défaite ! Son règne dura 17 ans. Elle a toujours joué sous le drapeau tchécoslovaque sauf en 1927 .

     Elle rivalise avec les meilleurs joueurs, n'hésitant pas à participer aux tournois masculins. Elle termine 2e à Ramsgate en 1929 derrière Capablanca, ex æquo avec Rubinstein, et 3e à Maribor en 1934. Le « Club Menchik » réunit les maîtres masculins qui avaient succombé sur l'échiquier, parmi lesquels : Euwe, Reshevsky, Sultan Khan, Colle, Yates et Alexander.

     Vera Menchik est tuée pendant la Seconde Guerre mondiale, en même temps que sa mère et sa sœur aînée, au cours d'un bombardement par une bombe V2.

     


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    Mir Malik Sultan Khan (1905-1966)

    Sultan Khan est, sans doute, la figure la plus mystérieuse de l'histoire des Échecs. C'était le servant hindou analphabète d'un colonel de l'armée britannique. N'oublions pas que nous sommes dans les temps où l'Inde est encore une colonie britannique. Son maître (il faut bien appeler les choses par leur nom), le Colonel Nawab Sir Umar Hayat Khan, se rend compte de son extraordinaire talent pour la version indienne des Échecs (chaturanga) et lui apprend les règles européennes et le fait participer au championnat d'Inde de 1928. Sultan Khan gagne l'épreuve avec deux points d'avance ! L'année suivante, il participe au championnat de Grande-Bretagne qu'il remporta trois années consécutives en 1930, 32 et 33. Sultan Khan ne savait ni lire, ni écrire, ne connaissait rien à la théorie et obtint ses résultats par la seule pratique. Pendant les quatre années de sa courte carrière, il affronte les meilleurs joueurs du monde : Alekhine, Capablanca, Rubinstein, Euwe et Tartakover. Cela fut un choc pour la société britannique encore très victorienne et collet monté. Mis à part son origine et sa classe sociale, son physique était des plus curieux : petit, mince, la peau sombre, la goutte au nez car affligé d'un rhume perpétuel. Cependant, son jeu était des plus solides, avec une grande compréhension positionnelle et une patience inébranlable dans les parties longues, mettant en place des manœuvres tenaces qui peu à peu laissaient totalement sans ressources ses adversaires. Illettré, il ne pouvait noter ses parties ey avait toujours besoin d'une aide. Après quatre ans en Grande-Bretagne, son maître décida de retourner en Inde. Il y vécut comme agriculteur et mourut en 1966 de tuberculose, laissant derrière lui bien des interrogations, en particulier celle de savoir jusqu'où il aurait pu évoluer s'il avait eu la chance de vivre dans de meilleures conditions.

     

    Sultan Khan jouait sans calcul. À Hastings en 1930, après avoir battu Capablanca, il refusa la nulle proposée par Euwe dans une position égale qui aurait pu lui faire gagner le tournoi. Il perdit la partie.

     

    La connaissance des ouvertures lui faisait défaut, mais dès le milieu de partie, sa maîtrise lui donnait l'avantage. Il avait une compréhension étonnante des finales.

     

     


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  • TOURNOI DE SAINT-PÉTERSBOURG 1914

    Le tournoi d'échecs de Saint-Pétersbourg 1914 était organisé par le club d'échecs de Saint-Pétersbourg du 21 avril au 22 mai 1914.

    C'était la première fois que Lasker affrontait Capablanca.

    Lasker reçut 4 500 roubles pour venir disputer son premier tournoi depuis cinq ans (sa dernière participation à un tournoi était à Saint-Pétersbourg en 1909).

    Des invitations avaient été envoyées à tous les maîtres qui avaient remporté au moins un tournoi international.

    En conséquence participaient au tournoi :

    *quatre Russes (champions de Russie) : Alexandre Alekhine, Ossip Bernstein, Aaron Nimzowitsch, Akiba Rubinstein ;

    *deux Allemands : Emanuel Lasker (champion du monde) et Siegbert Tarrasch ;

    *deux Britanniques : Joseph Henry Blackburne et Isidor Gunsberg (né en Hongrie) ;

    *un Cubain : José Raul Capablanca ;

    *un Américain (champion des États-Unis) : Frank Marshall ;

    *un Français : David Janowski (né en Pologne).

    Les joueurs de l'Empire austro-hongrois : Geza Maroczy, Carl Schlechter, Rudolf Spielmann, Oldrich Duras,Milan Vidmar, ainsi que Xavier Tartakover ne purent participer du fait des tensions avec la Russie.

    Amos Burn et Szymon Winawer déclinèrent l'invitation du fait de leur âge ainsi que l'Allemand Richard Teichmann.

     

    Le tournoi était organisé en deux parties : un tournoi préliminaire suivi d'une finale entre les cinq premiers. Dans la première phase, onze des meilleurs joueurs du monde s'affrontaient une fois dans un tournoi toutes rondes. Dans une seconde phase, les cinq premiers se rencontraient deux fois dans un tournoi à deux tours. Les résultats des deux tournois étaient cumulés pour déterminer le classement final.

     

    Le premier tour fut une démonstration du jeune Capablanca.

     

    Résultat :

    1 José Raúl Capablanca 8 (+6=4)

    2 Emanuel Lasker 6,5 (+4=5-1)

    2 Siegbert Tarrasch 6,5 (+4=5-1)

    4 Alexander Alekhine 6 (+3=6-1)

    4 Frank Marshall 6 (+3=6-1)

    6 Ossip Bernstein 5 (+3=4-3)

    6 Akiba Rubinstein 5 (+2=6-2)

    8 Aron Nimzowitsch 4 (+1=6-3)

    9 Joseph Henry Blackburne 3,5 (+2=3-5)

    9 David Janowski 3,5 (+2=3+5)

    11 Isidor Gunsberg 1 (=2-8)

     

     

    Lors du second tour, Lasker fit parler son expérience de champion du monde, notamment face à Capablanca (+1=1) et Alekhine (+2)

     

    Résultats

    1 Emanuel Lasker : 7 (+6=2)

    2 José Raul Capablanca : 5 (+3=2-2)

    3 Alexandre Alekhine : 4 (+3=2-3)

    4 Siegbert Tarrasch : 2 (+1=2-5)

    5 Frank Marshall : 2 (+1=2-5)

     

    Après cette formidable remontée, la classement final s'établit ainsi :

     

    1 Emanuel Lasker : 13,5 / 18 (+10=7-1) remporta 1200 roubles

    2 José Raul Capablanca : 13 / 18 (+10=6-2) gagna 800 roubles

    3 Alexandre Alekhine : 10 (+6=8-4) reçut 500 roubles

    4 Siegbert Tarrasch : 8,5 (+5=7-6) reçut 300 roubles

    5 Frank Marshall : 8 (+4=8-6) gagna 250 roubles

     

    Akiba Rubinstein finit 6e-7e. En conséquence, les négociations qu'il avait entreprises pour organiser un match contre le champion du monde furent reportées après ses résultats décevants et ce fut Capablanca qui affronta Lasker après la Première Guerre mondiale (en 1921).


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  • Siegbert Tarrasch (1862-1934)

    Cet Allemand (arrh la cholie moustage) était l'un des meilleurs joueurs d'échecs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

    Tarrasch étudia la médecine et exerça en tant que médecin. Il remporta son premier tournoi d'échecs en 1883 à Nuremberg. Il remporta par la suite quatre grands tournois de suite : les congrès allemands de Breslau en 1889, Dresde en 1892 et Leipzig en 1894 ainsi que le congrès Britannique de Manchester en 1890. Au début des années 1890, il était devenu un des meilleurs joueurs mondiaux. Peu après, Tarrasch fit nul contre le chalengeur Mikhail Tchigorine en 1893 dans un match difficile (+9 -9 =4).

    En 1893, Tarrasch ne put profiter d'une proposition de jouer pour le titre mondial contre un Wilhelm Steinitz vieillissant, en raison des exigences de sa pratique médicale. De 1895 à 1898, Tarrasch remporta trois victoires contre Steinitz lors des tournois internationaux, mais il avait manqué sa chance de disputer un championnat du monde. Un an plus tard, une fois Emanuel Lasker devenu champion du monde d'échecs (en 1894), Tarrasch ne put affronter Lasker pour diverses raisons.

     

    Lorsque Lasker accepta finalement de disputer un match pour le titre en 1908, il vainquit nettement Tarrasch par +8 -3 =5. Néanmoins, Tarrasch resta très fort sous le règne de Lasker, battant Frank James Marshall lors d'un match en 1905 (+8 -1 =8), et devenant l'un des cinq finalistes du très fort tournoi de Saint-Pétersbourg 1914. Ce fut probablement son chant du cygne, car sa carrière échiquéenne ne fut plus très brillante après cela, bien qu'il ait continué à jouer des parties très

     

    Tarrasch est connu pour ses écrits concernant les échecs, et était appelé Praeceptor Germaniae (« professeur d'Allemagne », surnom du théologien protestant Melanchthon).

    Il a développé les idées de Wilhelm Steinitz (contrôle du centre, paire de fous, avantage spatial) à un très haut degré de raffinement. Il attachait beaucoup plus d'importance à la mobilité des pièces que Steinitz, et détestait les positions fermées, affirmant qu'elles « contenaient le germe de la défaite ». Tarrasch énonça ce qui est maintenant appelé la règle de Tarrasch suivant laquelle les tours doivent être placées derrière les pions passés — les siens propres ou ceux de son adversaire.

     


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    David Janowski (1868-1927) 

    Citoyen polonais, puis français, il était considéré au début du XXe siècle comme l'un des meilleurs attaquants et était connu pour jouer sans se soucier de gagner ou de perdre.

     L'optimisme, parfois exagéré, était un de ses traits de caractère. Ainsi, après un première rencontre nulle contre le champion du monde Emanuel Lasker (2-2), il n'avait pas été convaincu par la supériorité d'Emanuel Lasker lors de leur deuxième match de 1909 pourtant largement perdu (+1-7=22). Il réclama donc une revanche !!!

     Celle-ci est organisée en 1910 à Berlin en tant que championnat du monde et se termine par un désastre complet pour Janowski par +0 -8 =3. Le journaliste d'échecs Georg Marco a résumé le déroulement du match en ces mots : « Ou bien c'était Lasker qui gagnait, ou bien c'était Janowski qui perdait. »

     

    Polish citizen, and French, he was considered in the early twentieth century as one of the best strikers and was known to play without worrying about winning or losing.

      Optimism, sometimes exaggerated, was one of his character traits. Thus, after a first draw match against world champion Emanuel Lasker (2-2), it was not convinced by the superiority of Emanuel Lasker in their second match of 1909 yet largely lost (+ 1-7 = 22). So he asked for a hand !!!

     

      It was organized in 1910 in Berlin as a world championship and ends with a complete disaster for Janowski by +0 -8 = 3. The chess journalist Georg Marco summarized the progress of the game in these words: "Either it was Lasker who won, or was it Janowski who lost. "

     


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  • Harry Nelson Pillsbury (1872-1906)

    Cet américain fut un des plus brillants joueurs d'échecs de 1892 à 1904.

    Dès 1890, alors qu'il n'avait appris à jouer aux échecs que depuis deux ans, il battit en tournoi un champion local, H. N. Stone. En avril 1892, il fit sensation en remportant un match en deux parties contre le champion du monde Wilhelm Steinitz, qui lui avait fait l'avantage d'un pion. Dès ce moment, la réputation de Pillsbury se propagea comme une traînée de poudre, et il n'eut bientôt plus aucun adversaire à sa taille sur la scène des échecs new-yorkaise.

     

    Le club d'échecs de Brooklyn se cotisa pour payer son voyage en Europe, afin qu'il participe au tournoi d'Hastings 1895, qui opposait les plus forts joueurs d'échecs du moment. Le jeune homme de 22 ans passa à la postérité en remportant le tournoi, dépassant le nouveau champion du monde Emanuel Lasker, l'ex-champion du monde Wilhelm Steinitz, et leurs concurrents les plus sérieux (Mikhail Tchigorine, l'anglais Isidor Gunsberg, Siegbert Tarrasch, Carl Schlechter et David Janowski).

     

    Pillsbury fut alors invité à participer au tournoi fermé de Saint-Pétersbourg, tenu la même année : c'était un tournoi complet à six tours, opposant les premiers du tournoi d'Hastings (Pillsbury, Tchigorine, Lasker et Steinitz ; Tarrasch, prétextant des obligations professionnelles, déclina l'invitation). Il semble que Pillsbury ait contracté la syphilis juste avant le début du tournoi. Alors qu'il était en tête du classement à la première moitié du tournoi (Pillsbury 6,5/9, Lasker 5,5, Steinitz 4,5, Tchigorine 1,5), il fut pris de céphalées violentes et ne marqua plus que 1,5 point sur 9 jusqu'à la fin de la manifestation, finissant troisième (Lasker 11,5/18, Steinitz 9,5, Pillsbury 8, Tchigorine 7). Il perdit une partie décisive contre Lasker, et Garry Kasparov suggère à ce sujet que s'il avait gagné, il aurait pu remporter le tournoi de Saint-Pétersbourg et contraindre Lasker à un match pour le titre mondial.

     

    En dépit de son état de santé, Pillsbury vainquit le champion américain Jackson Showalter en 1897 devenant Champion des États-Unis, un titre qu'il conserva jusqu'à sa mort en 1906.

     

    La dégénérescence qui accompagne les progrès de la syphilis l'empêchèrent par la suite de progresser autant qu'il l'aurait pu dans les compétitions. Les symptômes enregistrés au fil des années laissent supposer qu'il négligea de suivre un traitement. Il succomba à la maladie en 1906.

     


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