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    Wilhelm Steinitz (1836-1900) est un joueur d'échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion il changea officiellement son prénom en William). Il a, le premier, étudié scientifiquement le jeu d'échecs pour en dégager les règles de stratégie. À ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.

      

    Steinitz naquit à Prague en 1836, un an avant le champion américain Paul Morphy. Morphy, qui avait achevé une tournée triomphale en Europe en 1858, retourna aux États-Unis en 1859 et cessa de disputer des matchs et des tournois à partir de 1860. Steinitz débuta sa carrière aux échecs à Vienne en 1859. Lors des championnats de Vienne, en 1859 et 1860, il termina troisième puis deuxième avant de remporter le tournoi en 1861.

     Steinitz, au début de sa carrière, était connu en raison de ses combinaisons brillantes. Son apparition sur la scène échiquéenne européenne remonte à son arrivée à Londres en 1862 où il termina sixième du tournoi organisé à l'occasion de l'exposition universelle de 1862.

     Steinitz battit en 1866 le vainqueur du tournoi de Londres 1862, l'Allemand Adolf Anderssen dans un match à Londres (+8 -6). Il fut alors considéré comme un des meilleurs joueurs du monde (après la retraite de Paul Morphy en 1860). Sa supériorité concernait surtout les matchs. Sa domination ne s'étendait pas à tous les tournois toute rondes où chaque joueur affrontait une fois chacun de ses adversaires. Dans les tournois, Steinitz termina troisième lors du tournoi de Paris 1867, remporté par Kolisch devant Winawer et deuxième du tournoi de Dundee la même année. Il fut devancé en 1870 par Anderssen lors du tournoi de Baden-Baden.

     Ses victoires aux tournois de Londres en 1872 (devant Blackburne et Zukertort) et à Vienne en 1873 (vainqueur du départage contre Blackburne) et son succès écrasant contre Blackburne par 7 victoires à 0 (sans nulle) en 1876, affirment clairement la suprématie de Steinitz dans les années 1870, notamment sur Anderssen.

     De 1874 à 1881, Steinitz se consacra à la rédaction des articles d'échecs dans « The Field ». En 1882, suite à un désaccord avec le rédacteur de « The Field », il reprit la compétition et fut invité au tournoi du 25e anniversaire du club de Vienne qu'il remporta à égalité avec Winawer.

     Steinitz fut devancé de trois points par Johannes Zukertort lors du tournoi de Londres en 1883.

    Il a été le premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894.   

     

    LE PÈRE DE LA STRATÉGIE MODERNE

    Steinitz s'expatria aux États-Unis en 1883 pour y fonder le magazine The International Chess Magazine. Pendant plusieurs années, de 1885 à 1891, il y exposa le fruit de ses recherches d'une grande rigueur il considérait le roi comme étant une pièce offensive puissante surtout lorsqu'il y a peu de matériel sur l'échiquier.  

    Wilhelm Steinitz a approfondi les thèses de Philidor sur les pions et leur structure. Il en vint à considérer le jeu d'échecs comme une activité se prêtant à une étude scientifique. Se basant sur ses études, il devint un spécialiste des gains de pions qu'il transformait en victoire en finale.

     Son étude et son jeu marquèrent la fin du style du jeu « attaque à outrance » qui ne respectait pas les règles stratégiques saines. Si le mat était le but, il n'était pas le seul de la partie. Steinitz a théorisé tout un système de jeu, rassemblant un ensemble de critères pour évaluer une position et ainsi définir les objectifs, le plan à adopter, etc. L'attaque n'était plus seulement le fruit d'une inspiration brillante mais aussi la motivation pour exploiter les faiblesses de la position de l'adversaire. Son jeu défensif était souvent supérieur à celui des joueurs qui recherchaient activement une attaque de mat flamboyante. Steinitz était cependant capable de combinaisons géniales comme le montre sa partie contre Von Bardeleben en 1895.

     Steinitz a laissé également son nom à plusieurs variantes d'ouvertures.

     Dans la partie espagnole : 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 d6 et 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 a6 4.Fa4 d6 (défense Steinitz différée).

    Dans la défense française : 1.e4 e6 2.d4 d5 3.Cc3 Cf6 4.e5 Cfd7.

     

    Il a même laissé son nom à un gambit réputé douteux dans la partie viennoise : 1.e4 e5 2.Cc3 Cc6 3.f4 exf4 4.d4 ?! Dh4+ 5.Re2 dans lequel il estime que le roi peut se défendre lui-même pourvu que les Blancs conservent leur suprématie centrale.

     

    source wikipedia


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