LA NULLE DE SALON
Une nulle de salon désigne généralement une partie nulle par consentement mutuel en moins de 20 coups. Ce genre de parties survient le plus souvent en compétition lorsque les joueurs désirent conserver leurs forces pour des parties plus importantes, ou lorsque leur position au classement du tournoi est acquise en jouant seulement des nulles.
Ces nulles sans combat sont consenties au grand dam des spectateurs, des organisateurs et des autres joueurs de la compétition.
Les nulles surviennent fréquemment entre forts joueurs. Toutefois la plupart des nulles ne sont pas des nulles par volonté réciproque mais par le niveau quasi-équivalent des adversaires. La nulle de combat est l'antithèse de la nulle de salon et intervient quand toutes les possibilités de gain disparaissent.
Différents systèmes ont été proposés pour réduire le nombre de nulles de salon. La FIDE a par exemple a instauré l'élimination directe, à partir de 1965, lors du tournoi des candidats, suite aux protestations de Fischer.
La solution la plus souvent proposée s'appelle "Les règles de Sofia" : aucune nulle permise avant le 30e coup joué. Cette méthode permet d'éliminer les nulles de salon, mais si les joueurs échangent volontairement leurs pièces, ils acquiescent de facto à une partie nulle sans même la proposer. La FIDE a instauré cette règle, appliquée sur une base volontaire, en 1962. La pénalité est une perte pour les deux joueurs. Cependant, des joueurs l'ont ignoré ou l'ont contourné en répétant la même position à trois reprises, et les directeurs de tournois étaient incapables ou refusaient de l'appliquer. Elles sont abolies depuis 1964 mais certaines compétitions y font encore référence.
Anecdote : Le grand maître Milan "Moustache" Vidmar, alors directeur d'un tournoi à Bled en 1960, a dénoncé avec vigueur une nulle de salon, flagrante, survenue pendant ce tournoi. Lorsque des joueurs lui mirent sous le nez une nulle de salon qu'il avait jouée auparavant, il a répliqué : « Mais tous les saints ont été pécheurs pendant leur jeunesse ! ».